Des chiffres et du foot

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Loin des terrains de football, les sites de « scouting », qui analysent les performances des joueurs, se sont proliférés sur internet ces dernières années. Grace à un suivi précis, ces plateformes de statistiques et vidéo sont de plus en plus utilisées par les cellules de recrutements.

Trouver la perle rare

A quelques jours de l’ouverture du mercato d’été, les recruteurs traditionnels, casquette et calepin en tribune, s’activent pour dénicher la star de demain. C’est aussi le job des agents de joueurs, trop souvent perçu comme d’insatiables businessmen prêts à tout pour signer un contrat pro. Mais aujourd’hui, et ce depuis quelques années maintenant, des sites de statistiques en ligne ont totalement modifié la donne en facilitant le suivi de joueurs dispatchés un peu partout dans le monde. Originellement désigné par le nom de « scooting », l’observation technique des joueurs et l’analyse de leurs performances par les chiffres, s’est d’abord développé aux Etats-Unis dans les années 1980. A cette époque, les premiers scouts suivaient les jeunes talents universitaires de la NFL en vue des futurs drafts. Côté foot, le Royaume-Uni fait office de précurseur avec des agences comme Prozone ou encore Opta apparues au milieu des années 1990. Influencées par les bookmakers londoniens et leur attrait pour les chiffres, ces nouvelles agences ont su développer une lecture du jeu originale en calculant les kilomètres parcourus par exemple, le nombre de passes réussies, ou, en restant fidèle au « soccer » anglais, celui des tacles glissés.

Aujourd’hui, les « stats » font partie intégrante des analyses footballistiques et pour certains puristes, les « spécialistes » ont tendance à en abuser. En Angleterre justement, une anecdote montre à quel point les chiffres ont désormais une place prépondérante dans le football moderne. En effet, à Arsenal, on sait que pour remplacer Patrick Vieira, Arsène Wenger, titulaire d’une licence en économie, a tout fait pour trouver un joueur capable, comme Vieira, d’avaler des kilomètres au milieu de terrain. Après consultations de données statistiques, le coach des gunners est tombé sur un certain Mathieu Flamini, habitué lui à parcourir environ 14 km par match à Marseille. Une bonne affaire pour Wenger puisque l’ancien marseillais fut enrôlé pour la modique somme de 480 000 euros.

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Même Del Bosque a choisi Instatscout

 Loin de la platette à Doudouce, le site web InStatScout propose, en plus de ces données statistiques, des fonctionnalités très avancées qui peuvent avoir un certain impact sur le recrutement ou le suivi des joueurs.

Crée en Russie en 2011, Instatscout est une gigantesque base de données, destinée aux clubs, équipes nationales et agents sportifs, qui regroupe environ 150 000 joueurs.

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Kingsley Coman, futur star du PSG ?

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Mardi 11 mars 2014, au stade Charlety à Paris, les U19 du PSG affrontaient le Real Madrid d’Enzo Zidane en quart de finale de l’UEFA Youth League. Devant Laurent Blanc, présent en tribune, la jeune garde parisienne, qui a pourtant évoluée à 11 contre 10 en seconde mi-temps, s’est inclinée 1-0 face aux madrilènes. Malgré la défaite, le numéro 7 du PSG, Kingsley Coman, pas encore professionnel et meilleur joueur sur la pelouse, a su tiré son épingle du jeu en réjouissant les spectateurs et sûrement les dirigeants du club.

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Rêvons plus grand

PSG-Real Madrid, si la mention U19 n’apparaissait pas sur le ticket d’entrée au stade Charlety, on aurait pu croire à une affiche des grands soirs, à la ligue des champions et ses Zlatan, Cavani ou Cr7. Les journalistes de TF1, devant l’entrée de Charlety, faisaient même parti du bluff. Pire encore, la rumeur du retour de Zidane sur les terrains circulait aux abords du stade. Illusion. Si la présence de Zinedine Zidane à Charlety ne fut pas qu’une supercherie puisqu’il était dans les tribunes. C’est bien son fils aîné Enzo,18 ans, qui a suscité l’engouement des médias. D’ailleurs, une heure avant le coup d’envoi, la meute de photographes officiels, a rapidement pris place derrière les bancs de touche, prêts à mitrailler celui qui n’a pas été le meilleur madrilène sur le terrain.

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Sur les traces du futsal

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Lundi 12 janvier 2014, Cristiano Ronaldo, joueur hors norme auteur d’une saison impressionnante, recevait son deuxième ballon d’or à Zurich. La veille, les ultras aux couleurs du Sporting Lisbonne, club formateur de la star portugaise, prenaient d’assaut l’enceinte de la Halle Carpentier à Paris, à l’occasion d’un match amical de futsal qui opposait le Sporting club de Paris, meilleur équipe en France,  et le Sporting Portugal, au top niveau en Europe. Une rencontre spectaculaire malgré un écart visible sur le terrain entre une équipe parisienne amatrice et des portugais professionnels. Enquête sur un sport en plein essor en France mais encore loin du niveau mondial.  Continue reading

Les footballeurs amateurs tiennent leur mondial

Guillaume Lovergne, ancien gardien de but professionnel, est le créateur du site internet Nowaive.org, un site participatif qui propose d’accompagner des joueurs de foot amateurs dans le monde professionnel. En juin prochain, une quarantaine de joueurs inscrits sur le site iront défier des équipes professionnelles à travers des détections et ainsi tenter de décrocher un contrat pro. Retour sur ce projet teinté d’espoir.  Continue reading

SportEasy, l’appli des amateurs récompensée

L’application SportEasy, conçue pour simplifier l’organisation des clubs amateurs, a reçu le prix de l’innovation numérique par le site Sport numéricus. Retour sur le succès de la jeune start-up parisienne.

sport easy

 

Albin Egasse, Nizar Melki, Charles Vallantin Dullac, ces noms ne vous disent rien, pourtant, ce sont peut-être ceux qui vont révolutionner le foot amateur de demain. Pères de l’application SportEasy récompensée le 7 novembre au Stade de France, ils ont d’ores et déjà entamé le processus. L’année dernière, le prix de l’innovation sportive numérique avait été décerné à Canal + pour l’application mobile « Canal Football App », preuve que ces trentenaires parisiens ont su créer et développer un concept solide innovant. Avec près de 60 000 utilisateurs en France, SportEasy a déjà passé un bon cap depuis sa création en 2011.

Le concept

Une semaine avant ce prix, je découvrais l’application sur le portable de mon ami Philippe, joueur au sein de la Bollocks team,  en district 2 du Val-de-Marne. Il répondait alors, accoudé au comptoir d’un bar, à la question suivante :

ES-TU DISPONIBLE ?

Pour ce jeune célibataire, ce n’étais malheureusement pas une demande de la charmante demoiselle qu’il avait, accoudé au même comptoir, tenté de séduire la veille. Mais une simple notification envoyée par son coach à la veille de son match. Deux choix de réponses s’offraient à lui : OUI ou NON. Simple et efficace, son entraîneur pouvait alors composer son équipe en fonction des joueurs disponibles.

Convocation au match

Convocation au match

Par la suite, les joueurs reçoivent les convocations au match par mail, de simples liens qui renvoient directement sur le site de SportEasy . L’application, disponible sur Ios et bientôt sur androïde, crée un lien direct avec les dirigeants tout en animant la vie du club par des forums, votes pour le meilleur joueur, suivi des statistiques, archivages des résultats… un réel plaisir pour les joueurs. « Franchement je kiff l’appli, même si on n’est pas pros, ça permet de voir ce qu’on vaut, dans notre club tout le monde l’utilise» explique Philipe.

Plus qu’un simple réseau social, l’application offre donc des fonctionnalités avancées. Voici, pour les plus pragmatiques, la description du site en 1 min :

Connue des amateurs bien avant la remise du prix numericus, SportEasy a d’abord été lancée sous une version foot en 2011 sur web et iPhone. Albin Egasse et Nizar Melki, fondateurs et créateurs de l’appli sont deux anciens responsables de clubs de foot. Leur projet, né d’une envie commune de réduire au maximum les contraintes dans l’organisation de leurs clubs, a eu plus grand écho après cette reconnaissance médiatique.

Les deux fondateurs du site, enfin récompensés.

Les deux fondateurs du site, enfin récompensés.

 

Alors finit les absences imprévues, défaites sur tapis verts et négociations féroces pour avoir une place dans des voitures chargées à bloc ? N’est-ce pas le charme et la pureté du sport amateur ?

Une chose est sure, SportEasy répond à un réel besoin et trouve logiquement des utilisateurs de plus en plus nombreux « Jusqu’à 20 équipes par jour, grâce surtout au bouche-à-oreille et à des actions promos ciblées ». Une solution web et mobile gratuite désormais applicable à tous les sports collectifs, (handball, basket-ball, volley-ball, hockey,rugby, base-ball).

Une belle histoire pour cette équipe de choc qui reste ambitieuse. En effet, ils ont prévu de rendre disponible l’application aux androïdes avant noël puis lancer une version internationale du site pour concurrencer des anglo-saxons tels que Team snap ou Active network.

Karim Mouici Continue reading

Jeanne d’Arc ou le 12 eme homme de Drancy

Dimanche 10 novembre 2013, il est 15 heures lorsque les supporters de la Jeanne D’Arc de Drancy arrivent au stade Maurice Baquet, situé au cœur de la ville et entouré par de jolis pavillons. Un bel air de campagne en cette journée très fraiche mais heureusement ensoleillée. Devant le stade, petits et grands prennent en photo le bus, flambant neuf, du Havre Athletic Club venu défié l’équipe du « neuf trois ». Rencontre avec ceux qui font et refont le match, parfois même l’équipe.

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Température d’avant match

« T’as pas ta place toi !! », c’est la première petite pic sortie du groupe de jeune installés, non pas dans des gradins, mais sur un petit muret situé juste derrière la barrière qui entoure le terrain synthétique  du stade Maurice Baquet. Une attaque verbale, probablement amicale, visant le numéro 10 de la JAD (Jeanne D’arc de Drancy) tout juste entré sur le terrain. Son équipe est opposée aujourd’hui, et ce dans une jolie tunique bleue, aux maillots blancs du HAC (Havre Athletic Club) pour le compte de la 10 ème journée du championnat national des moins de 19 ans. Le petit muret qui fait office de tribune pour ce qui sera le noyau dur des supporters, est assez représentatif d’un stade minimaliste qui comprend un terrain, deux vestiaires et des toilettes proches de la fermeture pour travaux d’assainissement. Malgré « le bruit et l’odeur », les pavillons autour du stade, digne d’un petit coin de la Champagne, pourraient presque nous faire oublier que nous sommes au cœur de la Seine Saint-Denis, département qui, selon les dires, peut te faire revivre le Chicago des années 30 ou te rappeler l’ambiance « favelas do Brasil ».

Mais pourtant nous y sommes, vivant et debout, les afficionados de Drancy ont pris place sur la longueur de terrain derrière les bancs de touche. En face, derrière l’autre longueur de terrain, les murs teintés de jolis graffitis nous rappellent aussi que le foot c’est tout un art ! Jessie, supporter du Havre venu encouragé son fiston, nous plante le décor : « ici on est dans un terrain traquenard, il y aura beaucoup de vices et de pression envers notre équipe». Pas de tribunes pour les supporters

Ambiance

                            

Au bout de vingt minutes de jeu, dans un match un peu tendu, les deux équipes sont à égalité un but partout malgré une nette domination des joueurs du Havre issus, contrairement aux U19 de Drancy, d’un centre de formation professionnel. L’arrivée des jeunes havrais dans le bus des pros suggérait déjà un certain écart avec les joueurs de la JAD. Pendant ce temps-là, Les supporters frigorifiés commencent à s’impatienter, seul le petit groupe de jeunes bien installé sur leur muret donnent de la voix, et comme au stade de France, d’ailleurs pas très loin d’ici, des « allez les bleus ! » résonnent dans cette enceinte glaciale.IMG_0653

A la mi-temps, la buvette aurait sans doute fait son effet, malheureusement, le stade Maurice Baquet ou il n’y a ni gradin ni buvette, n’est pas d’un grand standing. Alors pour certains, c’est la pause clope qui s’impose. Sabine, 53 ans, supportrice de la JAD depuis 3 ans, en profite pour nous donner son avis : « Oui c’est dommage dans l’autre stade un peu plus bas il y a une buvette, c’est quand même une autre ambiance, ici y a rien même les toilettes ne marchent pas ». Mais pour Sabine, une des rares femmes du stade, le manque d’infrastructure n’empêche pas la ferveur : «  Je pense que les gens qui viennent ici ont tous une motivation commune et ça donne une bonne image contrairement à ce qu’on peut entendre sur des villes comme Drancy (…) ici c’est le sport avant tout et le partage ». Cette chaleur du cœur sera surement la seule qui pourra réconforter les supporters présents, en effet, dès le début de la seconde mi-temps, le numéro 9 du HAC double la mise, présageant une fin de match sous tensions.

Des supporters fidèles, attachés au club

Dans le stade règne une ambiance familiale, la majorité des jeunes se connaissent, et les habitués se retrouvent, recruteurs et agents de joueurs se mêlent à la foule y compris les rares supporters du Havre. Mais voilà, menés d’un seul but, les supporters drancéens sont chauds. A chaque action son commentaire et au moindre contact le jeune arbitre de touche ressent derrière lui un souffle de pression le rendant nerveux. Un des jeunes supporters, apparemment très attaché aux couleurs du HAC, tente de tenir le maillot du havrais venu récupéré rapidement le ballon en touche, le délégué du match intervient et demande à la jeune garde de se calmer. Interrogé après coup, il nous donne son impression sur leur comportement: « vous savez c’est des gestes qui arrivent souvent, nous on est là pour empêcher les débordements à proximité du terrain, bon là c’est des jeunes ils ne sont pas vraiment méchant ». Le délégué prévient tout de même un médiateur du stade, connu de tous, afin de les surveiller. Quelques minutes plus tard, le troisième but inscrit par le HAC vient entacher cette fin de match chargée d’espoir. Certaines personnes quittent le stade, mais le cœur des supporters restera jusqu’au coup de sifflet final. Pour Jérôme, médiateur du stade consulté par le délégué, la présence des supporters amateurs est essentielle : « pour moi c’est ça le vrai foot, aujourd’hui il caille mais ils sont quand même là et c’est même pas les seniors… ici les jeunes vivent tous football »

A 17h15, l’arbitre siffle la fin du match, les U19 de Drancy s’inclinent 3 buts à 1 face à une équipe plus expérimenté. Les supporters ont quant à eux quitté le stade dans le calme et le froid au terme d’une journée réchauffée par leur passion du foot.

En tout, près de 100 personnes sont venues voir les moins de 19 ans national, l’équipe senior de CFA attire près de 300 personnes à domicile jusqu’à 500 supporters contre le PSG. Le club possède meme une association de supporter en partenariat avec les verts de Saint-Etienne.